La Creuse, terre d’accueil du cannabis thérapeutique ?

Un conseiller régional de Nouvelle Aquitaine a exprimé sur Radio Nova son projet de faire de ce département un laboratoire pour la culture du cannabis.

La Creuse peut-elle devenir le premier laboratoire français de culture de cannabis thérapeutique ?

 

Sur la légalisation du cannabis, « je ne suis pas sur le terrain de la morale, mais plutôt sur le terrain sanitaire ». Voilà le message porté par Éric Corréia, conseiller régional de la Nouvelle Aquitaine. Invité de la matinale de Radio Nova, l’élu socialiste est venu défendre la proposition faite quelques jours plus tôt : faire de la Creuse un département pilote pour la culture du cannabis à visées thérapeutiques. Un projet en réponse à la demande d’Emmanuel Macron de trouver des solutions pour dynamiser le département. Pour Éric Corréia, le cannabis et sa légalisation dans un but médical est un débat incontournable. « Tout l’enjeu du cannabis thérapeutique est de faire en sorte qu’on puisse produire du chanvre, une plante, qui soit en teneur en THC diminuée afin de ne pas avoir la neurotoxicité du cannabis, mais tous les autres effets médicinaux », avance-t-il dans l’émission Plus Près de Toi sur Radio Nova.

Pour la Creuse, devenir un laboratoire à cannabis thérapeutique aurait d’abord un intérêt économique pour le département. « La Creuse est un département qui perd de la population, un département en déprise qui a fait l’actualité il y a quelque temps à travers une entreprise qui s’appelle GM&S, où 250 employés ont été licenciés », détaille le président de la communauté d’agglomération du Grand Guéret. C’est d’ailleurs à ce moment-là qu’Emmanuel Macron leur a demandé leur avis pour un « plan spécial pour revitaliser la Creuse », y compris des « propositions innovantes, même extralégales », explique Éric Corréia.

La Creuse, le Colorado français ?

Le débat sur la légalisation du cannabis continue d’agiter la société. Sur ce point, l’élu, dans la lignée socialiste, est clair : les mentalités françaises changent, et selon lui, il est nécessaire d’autoriser l’usage du cannabis à visées thérapeutiques. « On sait que le cannabis a des grandes vertus » pour aider certains patients, explique le conseiller régional. Et de renchérir : « Arrêtons cette hypocrisie ! (…). Je ne suis pas sur le terrain de la morale, je suis sur le terrain sanitaire. »

La Creuse peut-elle devenir le premier département français à cultiver le cannabis à visées médicales ? Aux États-Unis, huit États ont légalisé la drogue douce, dont le Colorado et dernièrement, la Californie. En France, d’après les estimations de l’OFDT publiées en octobre dernier, cinq millions de personnes ont consommé du cannabis en 2016. Soit, selon les chiffres de l’Insee, une consommation nationale estimée à 3 milliards d’euros. En janvier, deux députés LR et LREM préconisaient de sanctionner par une amende – de 150 à 200 euros – la consommation de drogue douce. De son côté, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, préconisait le 25 janvier la mise en place d’une contravention forfaitaire pour usage de stupéfiants. Un premier pas vers une dépénalisation, voire une légalisation ?

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